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Quelqu'un va venir


Maquette scénographique / Décor miniature / Design Scénique

Quelqu’un va venir.

Dans cette pièce de Jon Fosse, elle et lui découvrent leur nouvelle maison, dans laquelle ils ont décidé de venir vivre seul, ensemble. Dans cette envie de solitude à deux, la peur que quelqu’un vienne les hantent. Leurs émotions sont instables et ambiguës. Leurs discours se répètent, leurs voix résonnent.


La maison apparaît comme un lieu de sécurité, comme si c’était un refuge, une cachette. Mais en vérité elle abrite un sentiment de peur, la peur de l’autre. L’angoisse, la paranoïa enferment les personnages dans cette cage perdue au milieu de nul part, au bord de l’eau. C’est un jeu de ping-pong entre les 2 protagonistes qui se renvoient les répliques, se laissent emporter lors de longues tirades, se laissent envahir par l’angoisse, et tentent de se raisonner mutuellement.


Cette scénographie propose de jouer sur un élément symbolique de la pièce : La fenêtre.

La fenêtre est la frontière entre intérieur et extérieur. Elle permet de voir à travers les murs. De jour, l’intérieur est plus abrité et plus discret, quand de nuit, avec la lumière, l’intérieur est plus éclairé et plus exposé. La fenêtre permet d’avoir un œil sur l’autre bord. Un peu à la manière d’un voyeur. Les rideaux, les vitres, les stores… la fenêtre en dit beaucoup sur ce qui se passe à l’intérieur.

Le rythme de la pièce, les émotions des personnages se traduisent à travers celle-ci. Les rideaux d’abord fermés pour les premières scènes en extérieur, seront alors ouverts, ou plutôt entre-ouverts, lors de l’entrée dans la maison.


Notre maison, structurée comme une cage, ne compte pas de murs, simplement des cadres, des contours. Comme si tout était visible. L’élément qui ferme l’espace, c’est le store.


Le squelette de la maison pourtant structuré s’appuie sur un sol plus déconcertant. L’agencement des pièces joue avec la perspective. Les deux pièces phares : le séjour (côté jardin) et la cuisine (côté cour) sont séparées par un un mur (disons plutôt un « mur sans mur » : un cadre et une embrasure de porte). Ce mur perpendiculaire à la scène attire le fond de la maison vers son point de fuite. Les pièces sont alors déformées, un peu comme 2 triangles qui n’en forment qu’un.


Cette architecture joue avec l’idée de la cage, rigide, en tension avec l’instabilité, l’incertitude omniprésente. La maison tangue et accompagne les personnages dans leur perte d’équilibre. C’est d’ailleurs pour cette raison qu’elle se tient sur des pilotis : au bord de l’eau, la mer qui les entoure peut les envahir à chaque instant.

Il y a donc 2 fenêtres, une pour chaque pièce. Les personnages ouvriront le store en entrant dans la pièce et le fermeront en sortant. Ces actions marquent les changements de scènes. Quand les personnages s’adressent à la mer, ou au public, quand ils s’appuient sur le rebord, quand ils divaguent dans leurs réflexions, ils pourront également jouer avec « l’état » de la fenêtre. Le store entrouvert, un peu relevé, entièrement, un peu bancal, évoluera au fil du temps. La chambre, elle, est symbolisée à l’étage. On monte à l’échelle pour l’atteindre et on s’échappe quelques instants. Le banc lui, est matérialisé par les quelques marches qui mènent à l’ouverture de la maison.


Le fond de scène est noir, l’éclairage se concentre sur l’espace de jeu. La maison est au milieu du vide, du noir, de l’inconnu. Tout et rien ne se passent…

Et pourtant, quelqu’un va venir.









Stopmotion expérimental de l'évolution du décor :




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